16. De la complémentarité à la hiérarchie

 11/08/25

10H01

Nous ne sommes pas “que” des animaux.

Nous n’aurions pas évolué si ça avait été le cas.
Les espèces animales n’évoluent pas si elles restent uniquement entre elles.
Elles suivent leurs propres règles.
Elles sont toutefois amenées à se développer en raison d’éléments extérieurs à leur espèce, que ce soit dû à des évènements naturels ou par la faute de l’homme et des impacts écologiques.

Pour l’humain, cela se passe différemment.
Il évolue au contact de son semblable.
Pas forcément dans le bon sens…

C’est à mes yeux l’impact du collectif, le “faire société” qui y conduit, avec la mise en place de ses propres règles, allant à l’encontre parfois de la nature.
Des règles dictées par des peurs.

J’ai ma propre théorie mêlant capitalisme, patriarcat et désastre écologique.
Je ne vais aborder ici que le premier lien, la question écologique en est finalement une conséquence, et ce n’est pas le thème de cet ouvrage.
Je l’aborde dans un article sur mon blog (1).

Attention, vous ne trouverez aucune référence historique ou temporelle, j’ai le super pouvoir d’être en incapacité totale à situer temps et espace dès que cela devient trop éloigné de ma pauvre échelle humaine.
Mais je serais ravie d’échanger avec des historiens à même de contredire ou confirmer mes propos issus de mes propres réflexions.

Revenons à l’état de nature, voulez-vous.
Les chasseurs-cueilleurs.
Ceux qui suivent leur propre rythme, celui des saisons, celui de la Terre.
Ils sont nomades, de fait, afin de trouver de quoi s’alimenter, et se reproduire.
Dans cette configuration, tout est équilibre : les êtres vivent en petits groupes, et chacun y a sa place.
Tout est complémentarité entre chacun.

Puis quelque chose se passe, un événement externe offert par la Terre : une sécheresse, un hiver trop long, une éruption volcanique, des pluies torrentielles…
Bref, un truc qui vient mettre à mal l’équilibre de notre petite société d’animaux humains.

Et c’est là le début d’une autre ère…
Il a fallu réfléchir.
Il a fallu anticiper.
Il a fallu projeter.
Il a fallu se détacher du temps présent.
 

Il est question de survie.
Rien d’anormal.
L’instinct pousse à la réflexion pour ne pas mourir.
L’esprit réagit pour que le corps ne s’éteigne pas.

Tout ceci, créé par une peur initiale : de ne plus avoir à manger, de souffrir, de mourir.
La peur a créé la dissociation avec la vie animale.

Non pas que les animaux n’aient pas peur, il n’y a qu’à voir les écarts que Yung me fait quand il croise une terrifiante pierre blanche immobile.
Mais Yung ne planifie pas un changement de trajectoire pour la balade d’après ou n’élabore pas un plan pour exterminer ladite pierre.
Il s’écarte. Puis avec le temps s’y habitue, et finit par ne plus s’écarter.

L’humain est un animal conscient.
Conscient de sa finitude.
Et a pourtant inconsciemment œuvré pour tenter de la contrôler.

Le lien avec le patriarcat me direz-vous ?
J’y viens.

Afin d’éviter toute famine, l’humain a commencé à domestiquer la nature : élevage, agriculture…
Il s’est sédentarisé, il a arrêté de se déplacer.
Il a commencé à posséder la nature, des biens. Il s’est approprié un espace, afin d’en maîtriser la temporalité.
Mais le temps de la nature n’est pas celui de la vie de l’homme.
L’humain éleveur/agriculteur finit par accumuler des terres, des possessions, il s’en attribue la propriété illusoire.
C’est le début de la lutte de pouvoir, puisque cela vient générer d’autres peurs, artificielles : celle de perdre tout ceci ou qu’un autre vienne lui prendre.
Il se met à avoir peur des autres individus de son espèce, là où avant, il y voyait la complémentarité.

Les sociétés primitives, qui tentent de survivre malgré tout de nos jours, vivent en communauté. Il n’existe pas de famille à proprement parler.
Elles illustrent à merveille le dicton “il faut tout un village pour élever un enfant”.
Rien n’appartient à personne, tout appartient à tout le monde.

Mais comment cela se passe-t-il dans une société individualiste ?
Et bien se crée la famille pour une transmission à la descendance.

Quand il n’y a pas d’enjeu de succession de terres, de biens, peu importe l’ascendance, la provenance des spermatozoïdes.
Mais quand la peur s’en mêle, quel moyen de s’assurer de transmettre à sa propre lignée ?

Je vous le donne en mille : le contrôle du corps de la génitrice.

La mère, de par son ventre rond, son accouchement visible, est en capacité de prouver sa maternité, son lien avec l’enfant, devant témoins.
Mais qui peut attester de la provenance de l’ADN paternel ?
L’acte sexuel est un moment intime, où les seuls témoins sont les protagonistes.

Comment le père, qui a créé sa ferme, son élevage, a construit sa maison de ses mains, peut-il prouver que cet enfant à qui il va transmettre son patrimoine (notez bien le terme…) est bien le sien ?

En créant un système artificiel.
Par le mariage, devant témoins, pour montrer qu’il est lié à cette femme-là.
Par un engagement public de l’un envers l’autre, à la fidélité.
Par l’acquisition du nom de l’homme par la femme.

La femme perd son identité propre, sa lignée, pour se fondre dans celle de son époux.

A ce stade-là, il s’agit simplement d’un ensemble d’outils permettant de prouver aux yeux des autres que statistiquement, il y a de grandes chances que la progéniture issue de ce couple ait bien récupéré l’ADN de l’homme.
Mais rien de concret.

Le poids de la charge du secret est porté par la femme dans le couple.
Seule elle est détentrice de la vérité sur son enfant.
L’homme a simplement cherché un moyen de contrôler une vérité qu’il ne peut détenir seul.

Les tests ADN viendront contrecarrer cet équilibre, et détruire bien des écosystèmes familiaux, mais ce n’est pas le sujet du jour.

Vous aurez remarqué que je ne parle absolument pas d’amour.
Pas encore.
Je ne pose que des faits.
Afin de nourrir votre propre réflexion sur des éléments de notre vie qui semblent tellement ancrés et normaux qu’on ne les voit plus, comme notre nom de famille.

Ce nom de famille qui transmet bagages d’ascendants en descendants, quand le prénom porte en lui l’individualité des membres.

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