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Affichage des articles du mars, 2026

17. Identité et Valeur

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 13/08/25 9H09 Il y a quelques semaines, j’ai fait le choix de changer la dénomination de mon activité professionnelle. Parce qu’il en faut bien une. Il y a 7 ans, j’étais orthophoniste. Il y a 5 ans, je suis devenue consultante en gérontologie Il y a 5 mois, je suis passée consultante en lien social. Et depuis quelques semaines, je me suis attribué le titre d’”alchimiste sociale”. Du plus conventionnel, accepté, connu, catégorisable, à l’inclassable, à la case créée de toutes pièces. Et pourtant, jamais je ne me suis aussi sentie en accord avec une case. Certainement parce que je suis la seule à l’occuper. Je l’ai créée administrativement, sociétalement. Et pourtant cette dénomination s’est imposée à moi, de manière totalement naturelle. Mes différentes “professions” reflètent les étapes de ma vie où j’ai tenté de rentrer dans le moule imposé par la société. L’orthophonie, la profession bien vue, lisse, reconnue. Mais dans laquelle j’étouffais. D’impuissance. Plus...

16. De la complémentarité à la hiérarchie

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 11/08/25 10H01 Nous ne sommes pas “que” des animaux. Nous n’aurions pas évolué si ça avait été le cas. Les espèces animales n’évoluent pas si elles restent uniquement entre elles. Elles suivent leurs propres règles. Elles sont toutefois amenées à se développer en raison d’éléments extérieurs à leur espèce, que ce soit dû à des évènements naturels ou par la faute de l’homme et des impacts écologiques. Pour l’humain, cela se passe différemment. Il évolue au contact de son semblable. Pas forcément dans le bon sens… C’est à mes yeux l’impact du collectif, le “faire société” qui y conduit, avec la mise en place de ses propres règles, allant à l’encontre parfois de la nature. Des règles dictées par des peurs. J’ai ma propre théorie mêlant capitalisme, patriarcat et désastre écologique. Je ne vais aborder ici que le premier lien, la question écologique en est finalement une conséquence, et ce n’est pas le thème de cet ouvrage. Je l’aborde dans un article sur mon blog ...

15. Reproduction et instinct

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8/08/25   9H03 J’ai parlé du lien à soi, du lien aux animaux… Il est temps de parler des liens aux autres. Quel premier lien l’humain expérimente-t-il en arrivant sur Terre ? Celui qui dès son premier cri lui fait ressentir l’inter-dépendance à l’autre ? Celui dont il devra apprendre à se détacher pour grandir seul ? La famille, évidemment. Le premier lien, de fait, de sang, de nom. Que le terme de famille soit associé ou non avec la question affective, la descendance, la transmission génétique, biologique existe. J’aborde dans ce chapitre la question du lien de sang, physique, matérielle. Nous parlerons peut-être plus tard de la famille qu’on se crée. D’ailleurs, la sémantique est pertinente : on se “crée” une famille, on cherche à attribuer des liens aussi forts que celui du sang à d’autres personnes non issues de la même lignée. La famille, donc. L’ascendance qui engendre la descendance. Les générations.   Prenons l’histoire par le début. Pour créer u...

14. Amour, liberté et domination

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 7/08/25 8H57 La mort d’Eden avait laissé des traces. Chez tous les membres de la famille. Il nous a fallu du temps pour accepter, digérer, guérir. Nous aurions pu replonger directement dans une nouvelle relation avec un chien, comme on plongerait dans un nouveau couple pour oublier l’échec du précédent. Mais non, il a d’abord fallu panser les plaies. J’avais déjà évolué depuis la mort de Léïa. Nous étions accaparés par la construction de notre maison, ce n’était pas le moment d’ajouter des contraintes, même si nous savions qu’un jour un nouveau chien nous rejoindrait. Nous saurions quand ce serait le moment. Quelques jours après la pose de la clôture du terrain, alors que je zone sur Facebook, je tombe sur une photo d’un chien, postée par une association de sauvetage. Officiellement, un croisé berger-allemand/husky d’1 an. Le coup de foudre, je sais que c’est lui. Si comme mes chiennes, c’est encore un croisé, c’est un gros changement par rapport à mes chiens pr...

13. Vie, Mort et Foi

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14H12 Léïa m’avait appris l’amour inconditionnel, celui qui fait qu’on accepte l’autre dans toute son intégrité, dans toute son incontinence en l’espèce. Vous aurez compris que je ne fais aucune distinction dans mes écrits et dans mes pensées entre les types d’amour. L’amour que l’on porte aux animaux n’est pas moins fort que celui que nous portons aux humains : ils ont pour point commun qu’ils sont dirigés tous les deux envers des êtres, des sujets animés. Et chacun est en capacité de donner et de recevoir de l’amour, humain ou animal. C’est ce qui me permet de proposer une première définition de l’amour : un échange, un partage entre plusieurs parties, sans attente, sans condition. C’est Eden, ma 2ème chienne, qui viendra préciser cette définition. Nous n’avons pas attendu après le décès de Léïa. Anaëlle avait un an, la prudence me commandait de prendre davantage un chiot dont nous connaîtrions l’histoire plutôt qu’un rescapé de la SPA. Et c’est vers une croisée, encore, ...

12. Handicap et acceptation

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6/08/25   9H06 Je n’avais pas abandonné l’idée d’avoir un chien. Un chien, pas un chat. Cette nuance est importante, je comprendrai pourquoi bien des années plus tard. Mes parents ont tenu bon. “Tu feras ce que tu voudras quand tu seras chez toi”, je vous rappelle. J’ai emménagé chez moi un samedi, le dimanche j’étais à la SPA.   Mon fiancé et moi sommes revenus avec Léïa, croisée Rottweiler/Beauceron. Une crème de chienne qui subissait le délit de faciès lié à la vague d’attaque de chiens d’alors. Quelques jours après son arrivée, nous découvrions les réelles raisons de son abandon: une malformation qui la rendait incontinente. Et pourtant, à aucun moment il ne nous est venu à l’esprit de la ramener à la SPA. C’est elle qui nous avait choisis. Première confrontation à la perte d’autonomie pour moi.   Nous nous sommes adaptés à elle. Elle nous a suivis de partout. Malgré le handicap. Toute sa vie, je lirai dans ses yeux la reconnaissance de l’avoir ...

11. Altérité et reflet

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 1/08/25 9H34 Il serait bien long de raconter les 20 ans de partage de vie avec Yung, et tout ce qu’il m’a enseigné. Yung, que j’orthographie ainsi pour la première fois dans cet ouvrage, fidèle à ses papiers d’origine, mais que j’avais alors choisi de nommer « Young », n’aimant alors pas la couleur germanique de son nom originel. Aujourd’hui, je fais le choix de lui rendre toute sa pleine identité, qui s’est révélée par mes compréhensions de ces derniers mois, vous saisirez pourquoi dans quelques lignes. Quelques mois après avoir commencé à monter Yung, le jour de mes 20 ans, j’ai gagné dix mille euros au jeu à gratter du Millionnaire (oui, véridique, comme quoi ça n’arrive pas qu’aux autres). Je ne connaissais encore pas la loi de la manifestation, ce fameux truc qui fait en sorte que quand tu obtiens les moyens de mettre en œuvre tes projets quand tu n’attends plus rien. Ma première pensée a été “je vais acheter un cheval”. Et manifestation encore… Quand Jul...

10. Illusion et réalité

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 Je le revois arriver en cours, ce petit cheval, avec son cavalier de l’âge de mon père dessus. Ce jeune cheval complètement paumé dans une carrière, qui n’avait rien de western, monté en équitation classique, avec un enrênement contraignant, et qui ne représentait en rien le cheval de mes rêves. Je me sentais supérieure, sur le dos de mon Sombrero, lui si fougueux et altier. Une illusion là encore. Il a suffi d’un échange de quelques phrases avec Julien, son propriétaire, un jour où Yung était complètement en dehors du cours. “- Eh ben il a du mal à se concentrer le Yung aujourd’hui !” Julien me répond alors, dépité : “ - Pfff, oui, je n’ai pas le temps de le monter… Je l’avais récupéré en pensant que mes enfants monteraient un jour, mais aucun d’eux ne s’est mis à cheval… Et moi avec le boulot je n’ai pas assez de temps… Donc forcément, il sort bien trop rarement et ça fait des étincelles.” Je ne réfléchis pas, je rétorque en rigolant : “ Ah ben si tu veux, je viens le m...

9. Illusions et projections

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  31/07/25 8H53 Je prends le temps de décrire mon entrée dans la vie affective via les animaux. Ce sont ceux qui m’ont le plus appris, bien davantage que les humains. Et rétrospectivement, des décennies plus tard, devenue adulte et auto-observatrice, il m’est important de regarder dans le rétroviseur et de voir toutes les balises qui avaient été placées sur mon chemin. Ces balises que nous avons tous sans les voir. Des guides qui prennent parfois la forme de bêtes à poils. Avec les animaux, pas de langage verbal, pas d’explication orale. Seulement des ressentis. Qu’on ne comprend pas toujours sur le coup. Mais qui sont sources de connaissances de soi-même quand on apprend à se regarder dans le regard d’un animal. Devenue adolescente, j’avais découvert un autre monde du cheval. Celui du respect de l’animal. Celui de l’amour pour une autre espèce. Mon père, lassé des trajets, n’avait pas traîné à m’acheter une moto, afin de me laisser libre de mes déplacements. Cela...

8. Liens et animaux

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 30/07/25 9H08 Quand j’ai commencé à m’interroger sur les liens affectifs, ce qui nous relie les uns aux autres, il en est une sorte qui s’est imposé à moi, et auquel on ne pense pas forcément. C’est pourtant le type de relation que l’on trouve à tout âge, et dont l’investissement prend souvent de l’ampleur au cours du processus de vieillissement. Les animaux. Nous n’avions pas d’animaux dans la famille. Et pourtant je rêvais d’avoir un animal. Un chien, surtout, en tout premier. Mais non, refus catégorique de mes parents. Mais l’univers a été taquin. Il m’a fait gagner un poisson rouge à la kermesse de mon école primaire. Impossible pour eux de s’y opposer. Je revois encore le sourire forcé de mon père devant ma joie incommensurable. Nous sommes allés chercher Bubulle, et au grand désespoir de Papa et Maman, il n’a pas été loin de battre le record de longévité du poisson rouge, nous ayant accompagnés de ses sauts bocal/carrelage dans la cuisine et de l’obligation de...

7. Nos bagages familiaux

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 25/07/25 8H47 C’est à la faveur d’un séjour sur mes terres d’origine que j’attaque ce chapitre abordant la question des liens familiaux. L’ascendance, ou le premier lien auquel est confronté l’enfant à la naissance. Pour obtenir un nouveau-né, la recette est ancestrale : il faut deux parents. Soit deux individus qui ont pro-créé ensemble. Génétiquement et factuellement, il a fallu mélanger deux ascendances, deux lignées pour en générer une nouvelle. Deux histoires, deux chemins de vie, deux cultures, deux regards. Et forcément, deux manières d’être et de faire. L’enfant n’est même pas encore conçu que chacun des futurs parents nourrit déjà inconsciemment en lui des projections sur sa progéniture à venir. Cela peut simplement passer par l’envie de revivre des instants d’éternité vécus auprès de ses propres parents ou à l’inverse se promettre de ne jamais se comporter comme eux. Si à sa naissance, l’enfant naît pur et vierge de sa propre individualité, il porte déjà en ...

6. Traces corporelles du vieillissement

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 22/07/25 16H51 La question de l’acceptation des marques du temps sur notre corps est un des préalables à l’intégration du processus de vieillissement. Il me serait difficile d’aborder le sujet des liens affectifs sans parler en premier lieu du lien le plus important à mes yeux : celui que nous entretenons avec nous-même. Nous avons tendance à l’oublier : comment aimer l’autre si nous ne nous aimons pas nous-même ? Comment entrer dans une relation sécure et la maintenir si nous ne sommes pas en cohérence avec le temps qui passe ? Temps qui agit fatalement de manière parallèle, identique et implacable sur nous-même et sur les autres … Si nous n’acceptons pas les effets du vieillissement sur nous, sommes-nous en capacité d’accueillir ces mêmes effets sur notre conjoint, nos parents, nos enfants ?   Cette question rhétorique est finalement la base de toute relation, quelle qu’elle soit. Je l’aborderai au cours d’un autre chapitre.   Pour illustrer la thématiq...

5. Temps et corps

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 18H50 Cet après-midi, par la magie du vent, j’ai vu une feuille partir du sol et s’envoler. J’ai souri, ça m’a fait penser à une séquence du film “Vivre”, la seule qui a nécessité un effet spécial… Nous avions alors secoué un arbre pour faire tomber des feuilles devant la caméra. Au montage, nous avons mis la séquence à l’endroit, puis à l’envers. Le texte qui accompagne ces images est le suivant : “ Ah, ce temps qui passe, ce sable qui s’écoule dans son sablier, cette aiguille qui tourne sur l’horloge… Le temps se mesure avec le mouvement, il suppose un déplacement dans l’espace. Mais alors, le vieillissement impacterait-il notre propre perception de l’espace ? ” La séquence suivante montre alors Frédéric, directeur d’EHPAD, nous raconter que “ cet espace qui se contraint [...], notre aire géographique se restreint, nos points affectifs sont peut-être plus proches.” Et nous avons choisi de poursuivre cette réflexion avec le questionnement suivant : “ Le temps semble...