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Vivre, Vieillir et Aimer

Vivre, Vieillir et Aimer

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 « Vivre, Vieillir et Aimer », c’est l’histoire d’un livre qui raconte sa propre histoire. Le miroir du miroir. Une demande faite à une autrice qui ne savait pas encore qu’elle allait avoir besoin de vivre l’histoire pour pouvoir la raconter. Un point de départ, un chemin et une arrivée qui ne correspond pas du tout à la vision initiale. La vie, quoi. « Vivre, Vieillir et Aimer », ou l’introspection d’une quarantaine d’années de ma vie par le prisme de celles des autres. Et sur ce qu’elles annoncent. Pas d’édition papier, du moins pour le moment. Une mise à disposition. Un partage. De toutes les vies qui m’ont précédées et qui m’ont transmis leurs apprentissages. Pour transmettre à mon tour ce que j’ai pu recevoir. Sentez-vous libre. De commenter, de critiquer, de détester, d'aimer. De ressentir. Et de le transmettre à votre tour à la personne à laquelle vous avez pensé en lisant tel ou tel chapitre. Nous sommes tous liés. Je publierai les épi...

32. Utilité du couple

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5/09/25 9H52   À quoi sert le couple ? Pourquoi des personnes autonomes en viennent à s’allier ? À s’associer ? À se marier ? À afficher ostensiblement leur statut conjugal ? Si elles sont équilibrées seules, quel est l’intérêt de s’ajouter un risque de déséquilibre ? Vous aurez évidemment compris combien mes questions sont rhétoriques… La vie n’est que déséquilibre permanent, notre mission est simplement d’apprendre à accepter, à accueillir, à embrasser et à naviguer sur les flots de l’instabilité. En étant notre propre ancre. Ce n’est donc somme toute que logique qu’une fois que la stabilité est trouvée dans l’autonomie qu’elle soit éprouvée au contact d’une autre autonomie, pour continuer à naviguer, à deux. Pour être libre, ensemble. Libres de grandir. Le couple conscient est un choix. Un engagement, envers soi et envers l’autre. Il s’agit d’un couple qui a conscience de pourquoi il existe, et où sont ses responsabilités. Ce n’est pas le 1+1=1. C’est le 1...

31. Intimité et sexualité

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 4/09/25 8H49   Notre sphère sociale est infinie : elle est constituée de toutes les personnes que nous serons amenés à croiser au cours de notre vie. C’est parmi ce vivier de personnes que nous rencontrons celles qui intégreront des sphères plus proches, celles que vous laisserez entrer plus en profondeur dans votre intimité. Certaines s’arrêteront au stade de relations professionnelles, ou de co-équipières. Mais d’autres pénètreront le cercle des amis. Et quelques-unes seront des amants. Plus votre niveau d’intimité avec une personne augmente, plus elle a accès à votre espace, allant jusqu’à votre espace corporel, charnel, via la sexualité. Il n’existe pas une sexualité à mes yeux. Il existe des degrés de contacts corporels qui traduisent une intimité. Et qui représentent dans quel cercle les personnes se placent, allant de la distance physique à la relation sexuelle, en passant par la tape sur l’épaule ou le câlin. La sexualité ne peut donc s’arrêter en viei...

30. Liens et engagement

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 3/09/25 8H50 Bon, finalement, il a passé plusieurs jours depuis mon dernier élan d’écriture. J’étais au café, en terrasse, et j’avais froid. Et impossible de dérouler longuement par écrit sur la chaleur des sentiments quand on grelotte. Je suis rentrée, et me suis priorisée quelques jours. Je suis de retour au café, le soleil également. J’écris quasi exclusivement du café. Je ne sais pas pourquoi il m’est impossible d’écrire chez moi, pour cet ouvrage du moins. Est-ce le besoin d’être entourée de vie ? Est-ce l’entrain des discussions enjouées autour de moi ? Des retrouvailles du matin entre habitués ? Sont-ce les sourires ? Les “bonjour” en passant ? Les discussions philosophiques allant de la dissolution de l’assemblée nationale à venir au scandale des crottes de chiens dans les ruelles de la cité ? Les “moi si j’étais président, je ferais…” ou les “non mais qu’est-ce qu’on est bien ici !” ? J’ai commencé à venir seule, lors de mon arrivée à Crémieu. Pour...

29. Relations et contacts corporels

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 31/08/25 8H47   J’ai hésité sur le thème du jour. Je me demandais si j’allais rester sur ma lancée : passer de la vulnérabilité à la mort. Et aborder le deuil de la personne physique. Ou bien laisser ça pour plus tard, tout en m’interrogeant sur l’utilité de le faire un jour, puisque j’ai finalement déjà pas mal abordé de quoi appréhender la perte au fil des pages.   J’ai envie de parler d’amour ce matin.   Evidemment que j’en ai parlé en filigrane tout au long de ces pages. Mais après avoir traité les liens sociétaux et familiaux, à savoir les liens innés, il est temps de parler des liens que l’on se crée, les liens amicaux et amoureux, les liens acquis.   À ce jour de mes réflexions, il n’existe pas de grosses différences à mes yeux entre les relations amicales et amoureuses. Ce qui va faire la frontière sera le niveau de connexion et d’engagement entre les personnes. Le fait de se choisir pour tel ou tel but. Et le degré d’intimité, la place...

28. Image de la vieillesse et responsabilité

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 30/08/25 9H14   La question du deuil est finalement celle de toute une vie. J’aime à rappeler que chaque instant est le deuil du précédent. En ce qui concerne le deuil de notre propre vie, de notre propre être, et ce qui relève du contact avec notre propre mort, c’est avec une notion essentielle que je rappelle souvent en conférence que je souhaite l’introduire : La vieillesse est la seule étape de la vie que nous abordons uniquement par le prisme de l’autre. Nous avons tous été enfants : nous pouvons tous nous mettre à la place d’un enfant. Il nous est tout à fait possible d’être en empathie face à cet enfant qui grimace devant un plat qu’il n’aime pas, ou au moment de faire ses devoirs, ou lors d’un instant de frustration. Il en est de même pour la perte d’autonomie. Nous avons tous été en incapacité à un moment : nous pouvons expérimenter le handicap. Il aura suffi de se casser le bras, être trop petit pour attraper les pâtes sur le rayon du haut, ou perdr...

27. Démence et perte d'identité

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 29/08/25 8H55 La maladie d’un proche nous pose face à notre propre reflet, et nous oblige à affronter une certaine projection de nous. Et généralement, dans le cas de la dégradation de la santé, il s’agit rarement d’une vision confortable pour nous. Un proche malade, c’est la double peine. C’est non seulement affronter ce miroir de ce qui peut nous arriver nous-même, dans un futur possible, tout en gérant au présent les désordres émotionnels dans le lien affectif avec la personne malade. Il y a quelques temps, Maman me parlait d’une amie dont la mère présentait une démence fronto-temporale. Il s’agit d’une maladie neuro-dégénérative touchant les aires cérébrales responsables de l’inhibition, de la planification, et des fonctions exécutives. La personne malade voit son comportement évoluer au fil du temps, oubliant peu à peu tout filtre social. Quand j’étais orthophoniste, les demandes de suivi pour démence fronto-temporale étaient redoutées : c’était mains aux fesses sys...

26. Alzheimer et dépendance

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 28/08/25 9H04 Je ne vous ai pas encore parlé de ma Mamie. Marie. Elle illustre de son beau sourire l’ouvrage “Vieillir chez soi”. Le livre de sa petite-fille. Et pourtant, Marie ne sait plus qui est Aurélie Aulagnon. Alzheimer a décidé de lui grignoter ses souvenirs. Papi et Mamie formaient un couple soudé, uni, complémentaire. Leur amour était sincère, et il existait un respect incroyable entre eux. Ils étaient l’illustration à mes yeux de “derrière chaque grand homme il y a une femme”. Ensemble, ils créaient. Et pourtant, Mamie a développé très tôt une maladie qui allait transformer son corps et sa motricité : la polyarthrite rhumatoïde. Elle souffrait mais jamais je ne l’ai entendue se plaindre. Elle avait son ange gardien. Elle ne pouvait plus couper sa viande ? Papi lui fabriquait un couteau adapté à sa main. Elle avait du mal à s’asseoir sur le tabouret de la cuisine ? Papi lui bricolait un petit escalier amovible pour y accéder. Papi était un roc, le...