2. Temporalité

 16 juillet 2025

 8H52

 J’ai décidé de mettre la date et l’heure, comme je le fais avec mon propre journal.

Quand j’ai recommencé à écrire, en 2021, c’était une nécessité.
Vital.
Il y avait des choses à sortir de moi, des choses qui ne trouvaient aucune oreille autour de moi.

Alors j’ai fait comme je le faisais ado.
J’ai ouvert un journal.
Tous mes émois d’adolescente sont relatés dans 3 journaux intimes.

J’écrivais tous les jours au début, à mon entrée en 6ème.
Puis des années plus tard, l’adulte a commencé à émerger dans mes mots et dans leur raréfaction progressive.
L’innocence a disparu.
Celle qui se rêvait écrivain aussi.

 En 2021, j’ai ressenti cet appel à l’écriture, pour moi.
C’était l’écriture ou la folie.
Je ne sais pas si j’ai évité la folie, mais j’écris encore.
Nouvelle époque, nouvel outil.
Le journal est devenu numérique.
Je trimballais ma petite tablette partout.

Les premiers dossiers portaient les noms des mois.
Je mettais la date du jour. Pas d’heure.
J’en faisais parfois mention dans le texte, mais comme un détail.

Le feu de l’écriture s’est raréfié fin 2024, mon énergie était ailleurs.

 Puis il s’est embrasé à nouveau, début 2025.
À nouveau, c’était l’écriture ou la folie.
L’écriture ou la mort, même.
Plus d’une centaine de pages pour le mois de mars.

J’avais recommencé de la même manière qu’avant.
Un fichier par mois, la date du jour.
Puis peu à peu, j’ai mis l’heure. A peu près. J’arrondissais.
Et au fil du temps, j’en suis venue à mettre l’heure exacte du moment où je posais le premier mot.
Je ne savais pas pourquoi, mais c’était important de retranscrire pile poil le moment.
Même si je rêvasse 1H avant de poser la phrase d’après, j’actualise l’heure de l’écriture.

 Aujourd’hui, je comprends pourquoi.

Chaque mot que j’écris est issu de ma pensée, de mon mental, il est transporté par mes neurones jusqu’à mes doigts.
À un instant T.
Quelques minutes plus tard et je ne dirai pas la même chose, ma pensée sera différente parce qu’autre chose sera venue l’enrichir ou la perturber.

Chaque instant est un point zéro.

Chaque moment est un point de départ.

Donc voilà, j’ai choisi de mettre la date et l’heure du moment où je prends l’ordinateur. Et ce n’est plus ma petite tablette, mais un nouvel engin tout beau tout neuf qui accueille mes mots.

Cela permet en parallèle au lecteur, de situer mes mots dans son contexte social et personnel du moment où j’écris.
Votre lecture n’aura certainement pas la même couleur dans dix ans.
Me relire n’aura pas la même saveur dans vingt ans.

 Tout évolue !
Nous sommes mortels.
Notre temps est limité.
Nous savons quand notre vie débute, nous ne savons pas quand elle se terminera.
Chaque instant nourrit l’écriture du suivant.

 Le présent est notre seule possession, le seul outil dont nous disposons pour changer le futur.

Chaque instant est une nouvelle rencontre avec la personne que je suis à ce moment-là.

Et je suis seule décisionnaire pour créer celle que je veux être dans l’instant d’après.




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