3. Attachement et équilibre
18/07/25
Quand j’ouvre mon ordinateur pour écrire, je sais quel est le point de départ,
ce qui demande à être transcrit et transmuté. Mais je n’ai aucune idée de la
direction que cela prendra, mon esprit déroule simplement le fil.
Les art-thérapeutes parleraient d’écriture intuitive.
Et oui, vous tenez dans les mains un livre
traitant des liens affectifs.
Et rappelez-vous, on part du point zéro.
Avant l’attachement.
Cet attachement était inconscient.
Si au début, je n’avais parlé à personne de cette nouvelle lubie, le temps
passant, j’ai commencé à le partager. Parce que cela me faisait du bien, me
sortait de ma torpeur d’alors.
Et un beau jour, j’ai partagé à mon co-auteur
l’idée de proposer un lien public du fichier d’écriture.
Mon intention était juste de partager le processus, d’embarquer du monde avec
nous.
Mon co-auteur n’y a alors pas vu la même chose.
Pour lui, les personnes qui liraient viendront forcément donner leur avis et
leurs volontés sur la suite du récit. Et il ne le souhaitait pas.
Quand j’ai compris ceci, j’ai réalisé que ça
n’était pas un problème pour moi, peu importe ce qu’on pourra me dire, ça
m’était égal. Sans dire que je m’en foutais, je me laissais l’opportunité
d’être influencée si je le souhaitais.
Je ne me sentais pas jugée.
De toute façon, les personnages étaient fictifs, je disais bien ce que je
voulais.
Plus je me soignais par l’écriture, moins j’avais besoin du soutien d’une autre
personne.
J’en suis venue à annoncer à mon co-auteur que j’avais désormais besoin de me
centrer uniquement sur moi. Ce qu’il m’a encouragée à faire avec beaucoup de
bienveillance.
Je ne sais pas si nous aurons le fin mot de l’histoire entre nos deux
personnages fictifs.
Parce que je l’ai fait.
Il y a deux jours, j’ai osé.
Quand l’envie de partager à nouveau mes écrits s’est pointée, j’ai d’abord eu
peur.
Parce que ce coup-ci, je suis seule et ne me cache derrière aucun personnage.
C’est déjà ce que je faisais en substance en postant mes textes sur Facebook ou
sur mon blog “Coeur et Plume”.
Mais pas en direct.
Et des personnes ont réagi.
Une amie dit que c’est tentant de regarder le processus mais qu’elle résistera
pour avoir la version finie.
Une inconnue poste en commentaire sur mon blog qu’elle serait honorée de me
lire.
Une amie-collègue me demande le lien, parcourt le fichier dans la foulée et
m’envoie “J’adore !”.
Une autre amie a manifesté une peur à l’idée de ce que je pourrais écrire.
Cela change toute ma perspective et mon intention.
Jusque-là, je n’écrivais pas pour être lue. Un texte porte d’ailleurs ce titre
sur mon blog (1).
Je n’ai pas peur de plaire ni de déplaire.
Je suis simplement moi.
Je ne peux pas être différente maintenant.
Le détachement c’est avoir confiance en soi et en ses actes.
Être stable, ne pas être ballotté par
l’agitation autour de soi.
Je n’ai pas besoin de savoir ce qu’on
pense de ce que j’écris, mais je suis consciente que chacun des retours qu’on
pourra me faire aura un impact sur moi, dans un sens ou dans un autre, et que
ce sera mon choix de bifurquer ou non sur le chemin qu’ils me montrent.
Je ne demande pas l’approbation ou
l’opposition.
Je ne demande rien.
Je prends simplement ce qu’on me donne et je vois ce que j’en fais.
L’attachement peut être matériel ou émotionnel.
L’attachement peut être guidé par la peur ou par l’amour.
À l’inverse, toute situation entraînant des actes que la personne
n’aurait pas sans l’existence avec l’objet de l’attachement, participe à un
attachement dysfonctionnel.
Vous trouverez dans la littérature de développement personnel les termes
d’attachement anxieux, quand il s’agit de la peur de perdre l’autre, et celui
d’attachement évitant, quand c’est la perte de la liberté qui est redoutée.
C’est le plus évident, ce qui se voit.
Mais c’est visible également à travers la difficulté à se séparer d’objets
pourtant inutiles, ou un anthropomorphisme exacerbé envers des animaux.
C’est là que nous pouvons voir des syndromes de Diogène chez certaines
personnes, c’est à dire l’accumulation d’objets, une incapacité à s’en séparer,
ce qui peut conduire à des situations dangereuses pour la santé de la personne (2)
Il existe également le syndrome de Noé, qui est l’accumulation d’animaux. Ce
sont toutes ces situations révélées par ces reportages qui montrent des
appartements envahis de chats souvent dans des conditions d’hygiène difficiles,
autant pour la personne que pour les animaux.
Les comportements qui se voient, parce qu’ils sortent du “normal”.
Mais regardez bien, vous trouverez des indices
d’attachements sécures ou insécures autour de vous et chez vous…
Changez-vous de ton quand vous vous adressez à votre chaton ?
Pourquoi gardez-vous ce vieux machin cassé qui prend de la place et ne sert
plus à rien ?
Pourquoi écoutez-vous cette chanson-là quand vous êtes triste ?
C’est impossible.
Pour la simple et bonne raison que nous pouvons rester immobiles, cachés, la
Terre continuera à tourner, le temps poursuit son propre mouvement, nous
entraînant avec lui, malgré nous.
Plus nous réagissons dans un extrême ou dans un autre, plus l’écart s’accroît
depuis notre propre sécurité affective, le centre de notre équilibre.
Celui qui se trouve quand on réalise que le seul attachement qu’il nous est
impossible d’éviter est celui lié à la gravité terrestre, qui lie nos pieds au
sol.
| Illustration : Loïc Martin |

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