23. Enfance et identité

 22/08/25

08H41

Ce matin, je n’ai pas trouvé Hestya dans mon lit.
Quand j’ai commencé à bouger, elle n’est pas venue.
Elle n’était pas non plus dans la chambre de Mélia ou sur son tapis de bain préféré.
Bref, elle n’était pas à l’étage.
C’était la première fois.

Je descends et c’est un Pumpy prêt à partir en balade et une Hestya fièrement juchée sur le canapé qui m’attendent et me scrutent, l’air de dire “ah, enfin debout !”.
Cette nuit, Hestya a préféré le confort solo du canapé et la compagnie de Pumpy à la mienne et mon lit.
Ces deux créatures ont donc décidé d’illustrer par les faits mes propos d’hier.

Va falloir que je sois prudente avec ce que je raconte désormais…

Aujourd’hui, c’est un chapitre particulier que je voudrais aborder.
Prenez-le comme une pause après le précédent un peu dense.

Quand j’avais 10 ans, sur demande de la professeur de français, j’ai lu “le Faucon déniché”.
Je ne me rappelle pas exactement de l’histoire.
Mais je me souviens de mes ressentis d’alors.
Une évidence, une reconnaissance.
Je me voyais dans la peau de cet enfant ayant créé un lien avec ce faucon.
Ce livre avait laissé une empreinte sur moi, empreinte qui se manifestait subtilement lors de spectacles de rapaces, ou d’observation d’animaux en vol.
Mais jamais je n’avais poussé l’évidence plus loin.

Dans le film “Vivre”, il est question à un moment des envies.
Se pose la question de “vieillir, c’est quand on ne peut plus réaliser ses envies d’avant? Quand on n’a plus envie ? Quand on n’est plus en-vie ?”

Je n’avais pas encore expérimenté cette possible vérité.

Il y a quelques semaines, j’étais sur mes terres familiales, rappelez-vous.
Ce séjour a fait remonter de nombreux souvenirs de la petite Aurélie, de l’enfant que j’étais, de l’enfant qui rêvait.
Ce n’était pas quelque chose de brutal, mais plutôt un couvercle qui se soulève et qui laisse s’échapper quelques vapeurs enfantines.

Un après-midi que je rêvassais dehors entre deux averses, j’aperçois un couple de buses.
Dans ma tête s’illumine et sonne “FAUCONNERIE”.
Rien de plus, rien de moins.

Alors je fouille dans ma mémoire.
Fauconnerie…faucon…faucon déniché… BIM le coup au cœur direct.

Je fonce sur mon ordi, je tape “stage fauconnerie Rhône Alpes”.
Je n’avais aucune idée de si ça existait ou pas, si ça se faisait ou pas.
Je n’y connaissais rien du tout.

Plusieurs sites.
Je tombe sur un site fait de bric et de broc, avec des fautes d’orthographe. Mais justement, ce site transpire la sincérité. Et accessoirement, cela me montre que le fauconnier passe davantage de temps avec ses animaux que sur la toile.
Des stages sont proposés à la journée.
Il n’y a pas le tarif.
Je me fixe le plafond de 700€ (je n’y connais rien, je vous dis, pour moi, côtoyer ces animaux a forcément énormément de valeur!)
Avant d’envoyer un mail, je vois également que l’encadrant est également fauconnier à cheval.
C’était le signe qu’il me fallait.

J’envoie un mail pour demander quelques infos.
J’ai une réponse quelques minutes plus tard, me proposant d’appeler.
Ce que je fais dans la foulée.

Au téléphone, une voix masculine enjouée, avec un accent du sud fort marqué. Je suis conquise.
En quelques minutes, j’apprends que le stage coûte 160€ la journée resto compris, que je vais découvrir la réglementation, les espèces, l’alimentation, que je vais apprendre à manipuler un rapace, à me déplacer avec lui.
Et nous calons une date.

Ce sera demain.

Il y a deux semaines environ, j’ai débuté la lecture de “l’Alchimiste” de Paulo Coehlo. Il fallait que je m’y plonge, enfin.

Il y a deux jours, je parviens au passage où l’Alchimiste apparaît dans le récit.
Il est décrit comme “un chevalier avec un faucon sur l’épaule”.
Coup au coeur de nouveau.
L’évidence qui frappe une fois encore.

Cela fait quelques semaines que j’ose affirmer ma facette d’alchimiste.
J’ai créé cette nouvelle réalité dans ma tête, puis dans ma vie.
Intérieur, puis extérieur.
Juste en suivant mes intuitions.

L’enchaînement des évènements de ce dernier mois m’a guidée vers la concrétisation de cette identité.
Demain, je vais parachever mon apprentissage de l’alchimie, auprès d’un alchimiste.
Je vais reprendre le rêve là où je l’ai laissé à 10 ans.
30 ans plus tard.

Je savais qui j’étais à 10 ans, je savais qui je devais devenir.
Puis je l’ai enfoui…

Et l’ai déterré en retrouvant la petite Aurélie.

Demain, je réalise mon en-vie d’avant.

Chers lecteurs, quel que soit votre âge, je suis convaincue que vous avez des en-vies encore enfouies.
Ce ne sont pas forcément des choses hors de prix, hors d’atteinte ou irréalisables.
Au contraire, elles sont souvent évidentes, faciles et accessibles.
Elles sont déjà là.
On les voit quand on ouvre les yeux à nouveau sur qui nous sommes.
Elles se présentent sous la forme d’un ressenti.
Et le fil se déroule tout seul.

C’est un film qui nous parle, une photo d’un lieu qui nous appelle, une odeur intrigante… Tous ces petits détails qui réveillent l’enfant en nous, celui qui était pur, sans peur, sans fausses croyances.

Je crois l’avoir déjà écrit, on ne peut aimer l’autre sans s’aimer soi-même.

Quelle plus belle preuve d’amour pour soi que de réaliser les envies de l’enfant qu’on a été ? 

Les seules limites sont celles que l’on se crée…



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