30. Liens et engagement

 3/09/25

8H50

Bon, finalement, il a passé plusieurs jours depuis mon dernier élan d’écriture.
J’étais au café, en terrasse, et j’avais froid.
Et impossible de dérouler longuement par écrit sur la chaleur des sentiments quand on grelotte.

Je suis rentrée, et me suis priorisée quelques jours.

Je suis de retour au café, le soleil également.

J’écris quasi exclusivement du café.
Je ne sais pas pourquoi il m’est impossible d’écrire chez moi, pour cet ouvrage du moins.

Est-ce le besoin d’être entourée de vie ?

Est-ce l’entrain des discussions enjouées autour de moi ? Des retrouvailles du matin entre habitués ?
Sont-ce les sourires ? Les “bonjour” en passant ?

Les discussions philosophiques allant de la dissolution de l’assemblée nationale à venir au scandale des crottes de chiens dans les ruelles de la cité ?
Les “moi si j’étais président, je ferais…” ou les “non mais qu’est-ce qu’on est bien ici !” ?

J’ai commencé à venir seule, lors de mon arrivée à Crémieu.
Pour écrire, travailler, sortir de l’isolement que ma nouvelle profession de consultante pouvait parfois entraîner.
Au début je ne parlais à personne.

Puis une tête connue, un café partagé.
Ou une interpellation sur ce que je fais comme travail, un échange verbal.

Pumpy a été le plus grand vecteur de rencontre. Quand il m’accompagne, il sait désormais qui aller voir pour bénéficier de son quota de caresses.

Quand il reste à la maison, je dois répondre aux inquiétudes de mes voisins de table sur son absence.

Pourquoi vous raconte-je tout ça ?

Pour vous parler de la rencontre.

Celle qui va faire que nous allons être attirés ou repoussés par certaines personnes.

Il s’agit d’une loi complètement physique : telles des planètes gravitant dans l’espace, nous sommes tous mus par un champ gravitationnel qui nous pousse à aller vers ou partir contre.

Quel que soit le type de relation “choisie”, tout part d’un point commun, d’une base de départ.
Un match de rugby, un concert, un lieu de travail, un site de rencontre, une terrasse de café…
Un lieu, un espace, un temps, qui réunit deux personnes.

Et paf, à un moment, une étincelle se produit, qui va interpeller les protagonistes, et les amener à se voir mutuellement.
Un désaccord sur l’arbitrage, des paroles chantées en même temps, une mission professionnelle commune, une inscription sur Tinder par désespoir, un “tu écris quoi ?” en terrasse.

La suite de l’histoire entre les personnes relèvera du choix.
Selon ce que le moment de la rencontre a créé en eux.
Une répulsion ou une attraction.
Une altercation verbale sur le résultat final du match ou une troisième mi-temps réconciliatrice.
Une indifférence ou une communion musicale.
Une concurrence ou une complémentarité.

Un switch de profil ou un clic.
Une fermeture de discussion, ou une ouverture.

Après, c’est une question de connivence, de polarités tels des aimants.
Si les 2 choisissent la fermeture : pas de relation.
Si l’un choisit l’ouverture et l’autre la fermeture : relation asymétrique.

Si les deux choisissent l’ouverture : relation engagée.

L’engagement dans une relation, dans un lien à une autre personne, est pour moi simplement la reconnaissance de ce lien à un instant T.
Ce ne sont pas des promesses, des projections, des rêves.

C’est simplement avoir la capacité de dire “ oui, je suis lié à toi sur tel ou tel point”.

Et là où les relations diffèrent, ce sera selon le nombre d’engagements, le type, la profondeur.



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Vivre, Vieillir et Aimer

Prologue

7. Nos bagages familiaux