33. La réalisation
6/09/25
8H59
Vous allez me dire “c’est bien joli Aurélie, de parler du couple conscient, blablabla… Mais comment on fait pour se débarrasser de milliers d’années de mauvais chemins ?”
Oui, c’est vrai, non seulement ce n’est pas facile mais cela implique une importante responsabilité.
Je vous propose un premier pas.
Que vous avez déjà fait.
La réalisation.
Quand mon co-réalisateur pour “Vivre” avait
insisté pour que j’associe le terme “réalisatrice” à mon nom, je ne me sentais
en aucun cas légitime. Je n’avais aucune formation cinématographique, je
n’étais pas issue du milieu du cinéma, je n’avais pas l’ambition de refaire un
autre film…
Ni mon passé, ni mon futur n’étaient en lien avec le milieu de la réalisation
cinématographique.
Mais non, pour lui, c’était ce que j’étais à cet instant.
Et il avait raison.
Je n’étais pas moins légitime que lui pour apposer mon nom sur l’affiche à côté
du sien, lui qui avait pourtant le bagage professionnel et les compétences dans
le milieu que je n’avais pas.
J’avais passé autant de temps que lui sur ce film, sur tout l’aspect gestion de
projet, en coordonnant et menant les entretiens, suivant les dossiers de
subventions, écrivant les textes, guidant la chanteuse pour la musique et la
voix-off, articulant les séquences entre elles, travaillant sur la promotion,
apportant mon regard sur les visuels proposés, rédigeant les parties écrites du
site internet, préparant la première, et tellement d’autres choses.
J’ai réalisé que j’avais été réalisatrice.
Le terme est juste parfait : je suis quelqu’un
qui montre la réalité.
Avec un film qui s’appelle “Vivre, regards croisés sur sa propre vieillesse”.
Et j’ai accepté.
Mais avant d’accepter, j’ai résisté, je me
suis dénigrée, dévalorisée, j’ai essayé de mettre le terme “productrice”, j’ai
détourné les yeux.
C’est la phase de négociation avec la réalité.
L’acceptation, c’est simplement l’accueil d’un
état de fait.
Et ce n’est pas possible quand on a le nez dans le guidon.
Un pas de recul est alors indispensable.
Il est souvent nécessaire de faire appel à une personne extérieure, celle qui
saura apporter un regard neuf.
Parfois ce regard nous percute sans que nous le demandions, parfois nous allons
le chercher auprès de proches, ou de professionnels.
Ce que je viens de vous décrire à partir de
mon expérience de constat de réalisatrice, c’est le chemin du “gain”, de
l’acceptation du neuf.
Une version parallèle du chemin du deuil, qui est celui de l’acceptation de la
perte.
Et au final, il s’agit d’exactement de la même chose quand notre équilibre est déstabilisé, que ce soit par un évènement, ou par un jugement porté sur nous.
Et comprendre le processus, est le second pas que je vous propose de franchir pour vivre et aimer en conscience..png)
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